Comment utiliser tous les dispositifs financiers disponibles pour booster l’innovation ?

Au même titre que le marketing, la R&D est souvent perçue comme un coût pour l’entreprise et son ROI est difficilement quantifiable…

Concrètement, comment aligner stratégies innovation, business et fiscale ? 

CIR/CII/JEI, Aides & subventions internationales, européennes, nationales, régionales, fonds privés et avances de fonds… Quelles sont les meilleures pratiques pour utiliser « efficacement » ces dispositifs ? 

Suite à plusieurs tables rondes avec de nombreux regards croisés d’experts (notamment La Banque Postale, KPMG, France Innovation, Bpifrance, l’ancien Responsable du Service CIR au Ministère de la Recherche, le Point de contact National auprès de la commission européenne…), voici une synthèse de retours d’expériences et conseils pour une utilisation agile de ces dispositifs.

Une demande de financement de projet R&D ne se limite pas qu’à la démonstration du caractère innovant de la solution. Il faut généralement une partie business traitant du marché, des impacts environnementaux et sociétaux…

Il s’agit donc de mettre en place une véritable stratégie de « management du financement de projets » et cela implique notamment de savoir associer financements publics et privés, moderniser le management de ces dispositifs et renforcer l’efficience de sa stratégie de financement de l’innovation. 

Les outils de financements publics ne doivent pas être considérés comme des moyens financiers, mais comme un des outils au service de la performance des entreprises en termes de stratégie R&D. 

Le management du financement de l’innovation, c’est une vision holistique sur chaque étape des projets d’innovation : 
• Détection d’opportunités
• Ingénierie financière 
• Valorisation et protection des innovations 
• Mise en place des modèles économiques, 
• Déploiement de produits et de service sur le marché, 
• Stratégie et exécution commerciales/marketing

Comprendre les enjeux du financement de projets innovants 

Du fait d’enjeux économiques très importants au niveau international et d’une compétitivité exacerbée autour de la maîtrise des nouvelles technologies (notamment l’usage de l’IA), le gouvernement français souhaite faire de la France, une économie de rupture technologique ! Cela passe notamment par un soutien financier important à l’ensemble des entreprises : un Grand Plan d’Investissement (GPI) est mis en œuvre pour financer ces ambitions de 2018 à 2022 pour 57 milliards € dont les 10 milliards € du PIA 3 !

Cette génération « Deeptech” doit développer des offres autour de technologies issues de la recherche scientifique et qui présentent des barrières à l’entrée (état de l’art). Ces projets nécessitent de mener des travaux de recherche sur la durée : qui génèrent des coûts importants et dont la mise sur le marché est généralement longue et complexe. 

Or, malgré cette course effrénée, n’oublions pas ce qui fait que nos innovations, qu’elles soient de rupture ou incrémentales, BtoC ou BtoB : l’usage qu’en feront nos futurs clients. Si le taux d’échec des lancements de nouveaux produits et services avoisine les 90 % : comment composer avec ce paradoxe : course à l’innovation et réponse aux besoins à venir de nos clients ?

« L’innovation est une alliance entre recherche, marketing, instinct, imagination, produit et courage industriel. » (Antoine Riboud / Fondateur de Danone)

En France, nous avons tendance à trop penser technologie plutôt qu’usages (et à mettre du temps pour réagir). Il devient donc fondamental de bien comprendre les utilisateurs, même lorsqu’il s’agit de financement de l’innovation. L’innovation doit partir de l’utilisateur et remonter vers la technologie. C’est là tout l’enjeu du management global de l’innovation ! Enfin, les financements de projets innovants ne concernent pas qu’un seul département d’une entreprise ! Il faut la vision des décideurs, des services R&D, des exécutants, tout en ayant pris en compte l’avis des ressources humaines, du service financier, du service marketing, etc. 

Bienvenus dans la jungle du financement de l’innovation !

Autant de financements que de chemins pour les obtenir…Imaginez : plus de 4000 dispositifs, représentant des centaines de milliards d’euros sont à votre disposition : aides fiscales (CIR, CII, JEI…), aides et subventions régionales, nationales, européennes, international, fonds privés etc… Mais attention au chant des sirènes : il est essentiel de voir cela comme un complément de revenus afin d’accélérer vos activités plutôt qu’un moyen de substitution aux investissements en fonds propres ! Rien ne peut être envisagé sans fonds propres et sans un business model solide.

La très grande majorité des entreprises ne savent pas à quels financements elles sont éligibles… Nous faisons face à une véritable sous exploitation du potentiel qui leur est offert et cela sous-entend des projets avortés à cause de ce manque de connaissance et d’expertise. Pourtant, il est indispensable pour les entrepreneurs de maîtriser l’écosystème de valorisation de leurs projets ! Il est important de savoir à quelle étape du projet, il faut recourir aux financements (d’amorçage, commercialisation, internationalisation, etc.) et à quels types de financements (publics/privés ou dilutifs / non-dilutifs, etc.) associer chaque étape de ses projets. 

Les aides & subventions favorisent les projets risqués et prometteurs tant ils sont « disruptifs ».

Les exonérations fiscales (CIR, CII, JEI) permettent de réduire le poids du projet sur l’entreprise mais après que les dépenses aient eu lieu (+ contrôle fiscal).

Et pour accélérer les développements de mes projets, il existe les Prêts ou Avances Récupérables qui sont rapidement mobilisable (postuler au fil de l’eau) et permettront d’investir rapidement (recruter, acheter du matériel, sous-traiter, etc.).

Concernant les fonds privés, il en existe plus de 800 en France : en moyenne, chaque fonds d’investissement reçoit environ 1 500 dossiers par an, mais ne fait que 3 nouveaux investissements sur la même période. Lever des fonds relève du parcours du combattant et être mal préparé peut s’avérer catastrophique en termes d’image, de délais et de survie. Enfin, un entrepreneur ne demande pas de l’argent auprès d’investisseurs pour le plaisir : s’adresser à des fonds suppose souvent de faire des concessions (céder des parts, mettre des brevets en garanti, changer de direction…). Encore une fois et encore plus avec le financement privé de l’innovation : ce besoin de liquidités doit s’intégrer dans un plan de croissance avec des objectifs parfaitement définis, réalistes et réalisables.

Pour ce qui est du CIR/CII : il devient de plus en plus complexe de justifier sa demande au regard désormais très académique et acerbe de l’administration fiscale. Ce qui marque sur l’année 2019, c’est cette sorte de sélectivité sur les critères : le MESRI semble souhaiter savoir plus précisément ou passe son argent, peut être à cause de quelques dérives advenues au fur et à mesure de 30 ans d’utilisations en France…

En synthèse, il faut savoir anticiper sa stratégie pour pouvoir réduire le risque d’échec & lancer ses projets innovants. 

4 points clé à retenir pour pouvoir anticiper/développer une stratégie globale avec l’ensemble des dispositifs / pour chaque projet :

1. S’assurer vous que ses projets sont viables & éligibles

2. Décloisonner les silos entre dispositifs et anticiper leurs associations

3. Créer une stratégie d’investissements autour de chaque projet

4. Associer le financement le plus adapté à chacune des phases de ses projets

Pour maximiser ses chances d’être financé, il faut intégrer cette démarche depuis l’idée jusqu’à la commercialisation, car toutes les étapes d’un projet peuvent être financées par des aides diverses. 

Il est impératif d’adopter une démarche prospective afin d’anticiper les futurs projets qui seront développés et encore une fois : ne jamais oublier de créer les futurs besoins de ses clients

 

Pour découvrir les financements auxquels vous avez droit, c’est ici