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Interview de Sébastien Rogues, skipper  Primonial & Fondateur du Yacht Club des Entrepreneurs (YCE)


 » La toile de fond de ce YCE est un réseau d’entrepreneurs passionnés par les défis dont l’union concurrence  les plus grandes équipes de course au large… »

Cet interview a eu lieu dans le cadre de l’adhésion de GAC Group au Yacht Club des Entrepreneurs (YCE) dont l’objectif est de participer à un projet de R&D très ambitieux tout en mettant à disposition son expertise auprès des adhérents du club.

 

Quel est votre parcours et la vocation du Yacht Club des Entrepreneurs (YCE) ?

Mon parcours sportif est constitué de deux phases. D’abord la course au large en mini 6.50, de La Rochelle à Salvador de Bahia en solitaire, sans aucun moyen de communication ni aide digitale afin de me former aux enjeux de la course et de la navigation. Grâce à cette expérience et aux preuves que j’ai faite, j’ai eu la chance d’avoir accès à des bateaux plus gros et donc à l’assistance du digital (météo en direct…) que l’on connaît actuellement.

En 2013, j’ai réussi à gagner la Transat Jacques Vabre en class 40. Cela m’a permis de m’attaquer en 2014 à la Route du Rhume, une course plus complexe puisque réalisée en solitaire. Alors en tête j’avais dû être dérouté pour porter assistance à un concurrent victime d’une avarie, ce détour m’avait coûté la victoire. C’est Loïc Peyron qui l’a obtenu à l’époque avec Banque Populaire.

Ensuite, avec l’arrivée d’une technologie totalement disruptive dans le monde nautique, l’arrivée des foils (aile profilée qui permet aux bateaux de se sustenter et par conséquent de gagner une vitesse incroyable), j’ai souhaité intégrer cette nouvelle technologie qui allait bouleverser totalement l’expérience de navigation et je suis donc parti sur 3 saisons en GC32 sur le circuit d’entrainement de la coupe de l’America.

Ce qui m’intéresse avec cette nouvelle technologie est de maîtriser son intégration tout en capitalisant sur mon expérience pour peut-être un jour remporter le trophée Jules Verne sur des multicoques 100% volants.

Pour y parvenir et au-delà des aides, subventions et sponsors classiques, nous avons créé le Yacht Club des Entrepreneurs, consortium de partenaires qui a pour objectif de permettre aux entreprises de toutes tailles et tous horizons de participer à une aventure unique. La toile de fond de ce YCE est un réseau d’entrepreneurs passionnés par les défis dont l’union créée une véritable pile humaine capable de concurrencer les plus grandes équipes de course au large.

 

 

Quels sont pour vous les enjeux qui attendent les acteurs du nautisme autour l’innovation de rupture ?

Aujourd’hui, le travail de manufacturing a été fait. On sait faire voler un bateau, même de 15 tonnes. Les verrous scientifiques ont donc été levés à ce niveau. Ce qui était un rêve il y a quelques années est devenu une réalité même s’il reste et restera toujours beaucoup à faire un terme d’optimisation et de développement des nouvelles technologies de manufacturing.

Le prochain enjeu qui demain va être un levier de performance énorme est le digital. Les bateaux qui permettent de voler au large sont extrêmement complexes mais il y a quelque chose qui n’a pas encore été véritablement intégrer, c’est l’Intelligence Artificielle.

Comment faire du nautisme augmenté grâce à l’IA et non pas des bateaux autonomes ? Comment aider les marins à pouvoir prendre les meilleures décisions de manière anticipée ? Lorsque l’IA va arriver à maturité dans le monde du nautisme, les bateaux et leurs pilotes seront capables de performances hallucinantes !

Il faudra prendre cela avec mesure pour ne pas dénaturer le principe même du nautisme à savoir défendre certaines valeurs liées l’innovation notamment au service de la protection de l’environnement et d’un travail humain autour de la voile ! Cependant, c’est le même débat dans bon nombre d’autres disciplines sportives et entrepreneuriales : garder l’humain au centre du tout digital

 

Que vous inspire le dynamisme de startup du nautisme comme Kara Technology ?

Ce sont des sociétés extraordinaires. Elles sont révolutionnaires et bousculent la vie à l’intérieur d’un bateau, ce qui permet d’apporter de la simplicité (l’objectif de Kara étant de permettre d’automatiser le rangement des bateaux lors des arrivées aux ports). Le digital va aider mais cela pose aussi des questions liées à l’énergie. L’un des freins du digital est la consommation d’énergie.

Comment dans un milieu fermé on arrive à concevoir assez d’énergie pour faire tourner les ordinateurs derrière tout cela ? Ici aussi, les startup sont extrêmement innovantes et permettent de très belles choses (remplacement du pétrole par des biogaz, hydrogène, utilisation du vent et du soleil…) !

 

Quels sont vos enjeux en termes de projets innovants ?

Aujourd’hui, l’un des enjeux auxquels nous faisons face est de savoir comment intégrer l’expérience au centre de la stratégie marketing de nos projets et sortir de ce que nous connaissons tous à savoir le nom d’un seul partenaire affiché sur le bateau. Comment ouvrir à tous l’expérience navigation ? Comment démocratiser et révolutionner le sponsoring voile ? Quels nouveaux modes de financement pour notre sport ?

Demain, grâce à la réalité augmentée, nous pourrons embarquer des milliers de personnes sur nos bateaux afin de leur faire vivre cette expérience unique…Grace au digital, le seul frein à l’innovation est l’imagination

Interview de Rémi Boisson, Co-fondateur de la Sartup Extracadabra : plateforme de mise en relation entre profils qualifiés et restaurants, bars, traiteurs ou hôtels


« Pour innover, il faut être curieux de tout, en veille permanente et pas simplement sur son domaine d’activité, au contraire, surtout sur des domaines d’activité différents du sien… »

Cet interview a eu lieu dans le cadre d’un deuxième Livre Blanc sur le Management de l’innovation dont l’objectif est de découvrir les méthodes de management de l’innovation les plus adaptées selon son profil et ses objectifs.

Quel est le business model d’ EXTRACADABRA ?

Extracadabra est une plateforme, créée en 2015, qui met en relation de façon rapide et qualitative des établissements du secteur de la restauration et des candidats, pour des postes en court et long terme.

Nous sommes 20 et notre chiffre d’affaires est de +1,5 million d’euros avec une croissance de 200 %. Pour donner une idée de notre démarrage, nous sommes passés de 50 établissements à 1 000 établissements inscrits sur la plateforme durant les 6 premiers mois.

Depuis que nous avons créé cette plateforme, il y a pas mal de sociétés (environ 10) qui se sont créées sur un business model similaire car le besoin est réel sur de nombreux secteurs et les innovations technologiques du moment permettent de répondre à cette problématique.

Aujourd’hui, dans le milieu de l’hôtel-restauration,  chaque année, il y a plus de 200 000 de jobs non pourvus. C’est le problème numéro un de la restauration ! Il y a beaucoup de restaurants qui ferment aujourd’hui cause de cela…

L’idée est d’organiser la bonne rencontre, au bon moment avec les bonnes personnes. L’objectif est de résoudre ce problème mais également travailler sur l’attractivité du secteur.  Nous nous sommes donc attaqués au problème de l’urgence : par exemple si un serveur manque au dernier moment, durant les pics d’activité etc… la solution de départ était de trouver quelqu’un très rapidement et de qualité (car trouver quelqu’un rapidement mais qui ne convient pas au restaurant, provoque plus une perte de temps et beaucoup de frustration).

Notre proposition de valeur est d’utiliser l’IA pour permettre aux restaurateurs de faire une demande en fonction de leurs besoins urgents et automatiquement leur proposer un matching en fonction du type d’établissements, de la disponibilité des extras, de la note des extras, du type de jobs demandé… Et au-delà, c’est surtout pouvoir notifier les extras les plus adaptés pour les inciter à postuler en temps réel. En moyenne, en fonction des demandes, il y a une candidature ultra-qualifiée en moins de trois minutes.

Comment gérez-vous le management de vos projets innovants ? 

Notre principale source d’innovation, c’est le retour de nos équipes, que cela soit leur utilisation en interne du backup de la plateforme ou via les retours des clients sur le terrain. De plus, le benchmark est important pour connaître son marché mais il peut aussi être un piège dans le sens d’adapter une idée d’un concurrent mais cela ne va pas matcher avec notre système de fonctionnement.

Le retour de nos clients est aussi extrêmement enrichissant  car cela permet de comprendre les problèmes d’utilisation, de co-créer des nouveautés et de les faire tester à des cohortes pour ajuster l’UX très rapidement… Nous faisons un sondage une fois par an pour savoir les problèmes qu’ils rencontrent sur l’application et organisons également des réunions à fréquence régulière avec nos candidats pour avoir un retour d’utilisation de notre plateforme mais aussi de celles des concurrents…

Nous piochons aussi parmi les bonnes pratiques des méthodes de management de l’innovation mais au début, nous nous sommes beaucoup basés sur le lean startup. Au départ, nous avions juste sorti une application très simple  et au fur et à mesure, en fonction des retours clients nous optimisions nos process et notre plateforme avec l’idée d’arriver à la qualité optimale en innovant petit à petit, de manière itérative. Le lean startup nous a permis d’accélérer l’application et aujourd’hui nous mixons cette méthode avec le growh hacking, les brainstormings créatifs avec nos équipes, les interviews quantitatives et qualitatives empruntés au design thinking

Il faut savoir prendre des risques et lancer le produit en l’état sans attendre d’atteindre la perfection pour le lancer.

Mon slogan préféré, « Just Do It », présente bien cette idée. Il faut toutefois faire des études préliminaires pour voir si l’on prend une bonne direction mais il faut quand même prendre des risques.

Lors d’une récente interview, le CEO d’Alan comparait l’innovation américaine et française, l’ingénieur  français et l’ingénieur américain.

L’ingénieur français, sur 12 mois, va lancer un projet par mois sur lequel il a beaucoup réfléchi et si le lancement ne marche pas, il va devoir réitérer  et améliorer son idée en prenant encore un pour réfléchir. En gros s’il fait un projet par mois, il va faire 12 itérations dans l’année.

A l’invèrse, l’ingénieur américain va tester 10 idées par mois. Il aura certainement plus de mal à les lancer sur le marché, mais s’il fait 10 innovations par mois, il a 120 itérations par an donc il s’approchera beaucoup plus du meilleur produit et donc de la meilleure capacité à innover et à rencontrer le succès.

L’idée c’est de bien avoir un équilibre entre l’étude marketing et scientifique de son innovation, son management et le fait d’avoir le plus de feedback possible le plus rapidement possible pour faire de l’innovation adaptative, sans peur de l’échec.

Avez-vous des exemples concrets de succès issus de vos méthodes de management  ?

Au début, notre business model n’était fait que pour placer des extras, mais en fonction des retours du marché pour lequel le CDI était une demande forte : nous avons pu sortir rapidement un produit dérivé sur le CDI inédit sur le marché et nous l’avons lancé en trois-quatre jours ! Pour mettre en place ce projet, nos opérationnels, sont une grande source d’idées car ils sont « concrètement » au contact avec le marché et captent les nouvelles  tendances très rapidement.

Néanmoins, le but est de quantifier le retour marché, il faut éviter le simple ressenti ou se baser uniquement sur des intuitions. L’idée est de faire un business plan très rapide pour voir ce que cela peut apporter à notre entreprise et notre marché… Globalement, dans l’histoire de notre Startup, souvent, nous avons eu de beaux succès suite à des risques comme cela… Au pire si nous lançons quelque chose et que cela ne marche pas, on ajuste ensuite.

L’avantage d’une Startup par rapport aux grands groupes, c’est que nous les startups sommes capables d’innover avec des cycles de décision beaucoup plus rapides.

Quels sont pour vous les facteurs clés de succès pour se lancer dans des projets innovants ?

Pour innover, il faut être curieux de tout, en veille permanente et pas simplement sur son domaine d’activité, au contraire, surtout sur des domaines d’activité diffèrent du sien. De plus, il faut l’être aussi dans sa vie personnelle (exemple : une visite au musée peut être vectrice d’idées innovantes dans son entreprise…).

Par exemple, chez Extracadabra, nous avons adapté le système d’affichage de prix d’Airbnb à notre plateforme…Un autre exemple très connu est celui de la visite de Steve Jobs chez Xerox en 1979 qui lui a inspiré le système de bureau/fenêtre sur Mac

L’innovation c’est notre ADN ! Globalement, notre but c’est de répondre au mieux aux besoins du client ou du candidat et cela passe par l’innovation. Il faut toujours s’adapter aux clients, s’adapter aux utilisateurs et pour permettre cela il y aura toujours de l’innovation.

Les techniques d’innovation, c’est bien mais il ne faut pas s’y perdre. Il faut rester simple, il faut savoir embarquer les équipes en internet et mettre en place trop de concepts, on peut vite perdre l’équipe, il faut piocher et ne pas suivre aveuglément les process sans les adapter à sa structure.

Il faut adapter les techniques de management de l’innovation à ses équipes et rester simple, agile et humble….

A suivre : comment manager l’innovation lorsqu’on est une PME ou un Grand Groupe ?

Pour télécharger le premier volume de notre série de Livre Blanc sur le Management de l’innovation : c’est ici  !

veille-innovation

ARTICLE D’EXPERT – Par Max Senange, Responsable Marketing de l’Innovation chez GAC Group

C’est désormais une évidence : innover n’est pas une option, c’est une obligation pour rester compétitif ! Mais pour innover, il est indispensable d’être en veille permanente. Pour être en veille permanente, il faut savoir reconnaître, classer, trier, qualifier l’information pour l’analyser et ne s’inspirer que de contenus pertinents.

Or dans le milieu professionnel, nous manquons cruellement de temps pour effectuer ce travail de classement, de tri et d’analyse de l’information. Et paradoxe à la française, la veille est très souvent le parent pauvre d’une stratégie d’entreprise, les dirigeants préférant allouer du temps ou du budget aux études de marché, à la définition de business plans et autres budgets prévisionnels.

Pourtant il apparaît extrêmement important de connaitre son marché, le marché de ses clients et leurs avenirs afin apparaître comme étant un expert crédible et pouvoir distiller de nouvelles connaissances à son écosystème.

Dans cet article, vous allez découvrir :

  • Quelles sont les évolutions des méthodes d’innovation ?
  • Pourquoi est-ce indispensable d’être en veille permanente ?
  • Quelles sont les bonnes pratiques ?

L’évolution des méthodes d’innovation

« Les défis auxquels sont confrontées nos sociétés marquent, par leur intensité, des transformations et des ruptures profondes. Pour y faire face, il nous faut innover, puissamment, nettement, profondément (…) cette innovation de rupture est aujourd’hui l’objet d’une compétition mondiale ». (Edouard Philippe / Mai 2018)

Selon les derniers chiffres de l’INPI, nous déposons en moyenne plus de 16 000 brevets / an ! Nous sommes l’un des pays les plus actifs en matière de R&D : nous déposons chaque année plus de 24 000 dossiers Crédit Impôt Recherche.

Le champ des possibles est décuplé mais comment saisir les bonnes opportunités ?

La dernière étude de Gartner Hype Cycle d’août 2018  confirme que la plupart des technologies (IA, blockchain…) sont en phase de désillusion : l’intérêt marché diminue, faute d’innovation vraiment concrète ou adaptée aux besoins des consommateurs.

Aujourd’hui, votre vraie concurrence, ce ne sont pas vos concurrents mais le niveau d’attente de vos clients.” Emmanuel Vivier, co-fondateur du HUB Institute

 Il est essentiel d’appliquer une méthodologie flexible dans sa manière de veiller à ce que l’idée que l’on projette de commercialiser ne devienne pas un échec : trouver la bonne innovation en étudiant les nouvelles tendances technologiques mais aussi sociétales et fédérer ses équipes métiers et son écosystème autour du projet.

L’indispensable besoin d’être en veille permanente pour développer sa croissance

Benchmarker les innovations pour adapter sa stratégie

Observer les pratiques de la concurrence et/ou d’acteurs innovants permet de s’inspirer et de trouver des nouvelles idées. Les organisations gagnent à se comparer les unes aux autres dans un esprit de compétition. Elles cherchent à survivre, voire à être leader. Ce benchmark permet aussi une diffusion des innovations plus rapide.

Les entreprises peuvent être alors amenées à revoir leur stratégie d’innovation. Un concurrent B sort un nouveau logiciel, avec des fonctionnalités et une valeur ajoutée proches de ce que la société A était en train de développer. La société A sera alors poussée à innover « davantage » à proposer d’autres fonctionnalités nouvelles pour se différencier du concurrent B.

Certaines vont même s’inspirer d’acteurs d’autres secteurs. Si vous voulez doubler la personne devant vous dans une course, alors que vous courrez à la même vitesse, il faut emprunter d’autres voies possibles.  

Par exemple, Valser, une eau pétillante qui appartient au groupe Coca-Cola va se fournir en CO2 « naturel » (capté dans l’air) grâce à la Startup Climeworks qui a développé une installation qui filtre les molécules dans l’air. Objectif : capter 1% du CO2 mondial en 2025. 

« Ce que nous essayons de faire, c’est d’arrêter le changement climatique, voire de l’inverser, d’être capable d’évoluer à une taille qui pourrait avoir un réel impact » (CEO de Climeworks).

La veille devient alors une réelle source pour faire émerger des idées en entreprise en sortant de sa zone de confort.

Pouvoir dépasser l’état de l’art et lever les verrous

Il y a différents niveaux d’innovation. Faire de la veille permet de savoir si une innovation ou un projet R&D est nouveau pour le marché, ou « seulement nouveau » pour l’entreprise.

La veille permet aussi d’aider l’entreprise à lever des verrous technologiques internes. Par exemple, une société industrielle souhaite réaliser des tuyaux en métal de forme rectangulaire pour des problématiques d’injection.

Mais elle rencontre un verrou technologique, en ne voulant pas utiliser de soudure. Elle ne maîtrise pas les procédés de la fabrication additive. Toutefois, la veille peut l’aider à identifier des acteurs qui travailleraient sur cette problématique et qui auraient même peut-être déjà résolu ce problème.

Quelles sont les bonnes pratiques pour faire de la veille efficacement ?

Appliquer les principes de base du journalisme, faire des aller / retour et comparer les sources

L’information est partout et les modes de managements évoluent. Ceux-ci ne sont plus seulement descendants, mais transverses, participatifs, collégiaux.

Pour ces deux raisons, les acteurs de la veille ne sont plus une seule personne ou une seule équipe dans l’entreprise. Il est important que ce soit l’affaire de tous. Depuis la collecte de l’information (équipe commerciale, équipe R&D dans les salons, abonnement à des revues spécialisées, réseaux sociaux…) jusqu’à la prise de décision, l’information est partagée, discutée, challengée et impacte les décisions finales.

Le collaboratif permet aussi aux organisations d’être plus réactives, plus agiles face à une demande client ou des actions de la concurrence et durant des projets de R&D.

Les collaborateurs peuvent alors se nourrir des connaissances, des expériences et des informations qui circulent dans l’entreprise. C’est un réel plus pour gagner en compétitivité, dès lors que cette approche collaborative est correctement managée pour en tirer la quintessence afin de produire des idées innovantes ET rentables.

Etre en veille sur les nouveaux outils de veille

L’avènement de l’intelligence artificielle, de l’apprentissage automatique et de l’analyse sémantique de plus en plus précise va permettre d’aller encore plus loin dans la reconnaissance, le classement, le tri de l’information.

Cependant, rien ne sera plus efficace qu’une analyse qualitative et humaine de l’information afin d’en tirer les bonnes décisions selon l’actualité.

 

Pour en savoir plus, n’hésitez pas à nous contacter.

Manager ses équipes marketing de l'innovation

ARTICLE D’EXPERT – Par Max Senange, Responsable Marketing de l’Innovation chez GAC Group

Pour rester visibles, attrayants et rentables (au-delà de la barre fatidique des 2 ans), utilisez le management et le marketing de l’innovation !
Partie 2 / 2 : comment vous appuyer sur vos équipes pour faire émerger des idées rentables et compétitives ?

Pour découvrir la partie 1 de cet article, cliquez-ici.

Cadrez plus et « agilisez plus» vos équipes

L’idée est de bien cadrer dès le départ la démarche d’innovation au sein de vos équipes et de penser le marketing de l’innovation comme une démarche extrêmement structurée et anticipée : rien ne doit être vraiment laissé au hasard. Les équipes marketing de l’innovation ne doivent pas simplement être vues comme le moyen de commercialiser l’offre post production : il n’y a pas de « méthodologie miracle » avec des étapes bien séquencées.

Brainstorming innovationAu sein de votre entreprise par exemple, il n’y aucun intérêt à donner comme directive à vos équipes techniques « Il faut que nous soyons sur l’IA, sortez-moi une idée de produit », il est préférable de formuler clairement votre objectif et de confier ce projet à l’ensemble des équipes du projet (techniques et marketing) : « L’IA pourrait nous permettre de répondre à la problématique X de nos clients, comment pourrions-nous matérialiser cela technologiquement et commercialement ? ».

Il est indispensable de créer un cadre précis mais flexible pour que toutes les parties prenantes du projet connaissent le résultat attendu et prennent des initiatives pour y répondre. L’application stricte et silotée des étapes du processus d’innovation n’est pas la bonne solution (celle qui place le marketing de l’innovation en bout de projet) : cela alourdit le projet et le fait perdre en rentabilité au final.  En plus, on se rend compte très souvent et malheureusement trop tard d’incohérences entre l’aspect technique/processus et l’attente du marché.

Enfin, toute votre entreprise doit être intégrée au projet de marketing de l’innovation, de la  direction générale au développer. Dans le cadre d’un projet d’innovation, tout le monde est concerné et doit s’impliquer, dès le début de la phase d’idéation.

Non, le marketing de l’innovation n’est pas la dernière étape avant commercialisation

Le marketing de l’innovation doit être inclus dès le départ du projet, voire en amont, comme « catalyseur d’idées innovantes et rentables ».

Créativité marketingPour cela, vous devez mettre en place une équipe pluri-métiers agile et créative incluant des consultants, ingénieurs et chercheurs externes, capables de challenger de manière constructive les équipes internes à chaque étape du cycle de vie du projet. Tous parlent le même langage et connaissent les contraintes et opportunités du marché, ce qui favorisera l’émergence d’idées créatives, pragmatiques et commercialement performantes. Cette approche peut se baser par exemple sur la validation des concepts, l’expérimentation scientifique et le design itératif. Le test and learn à chaque étape apporte des correctifs au fur et à mesure et permet d’arriver à la fameuse étape « marketing de l’offre » avec un projet d’innovation parfaitement pensé en termes stratégiques.

En ce moment on reparle d’appliquer la « sérendipité » à ses projets d’innovation (exemple du Post’It dont l’adhésif qui ne colle qu’a lui-même est découvert dans le cadre d’un programme de recherche qui n’avait rien à voir) : combinaison créative entre hasard et objectif initial qui donne lieu à une invention. C’est favoriser le test pour modifier et adapter en fonction, son processus d’innovation.  Pourquoi pas… Mais cette incertitude qu’est l’innovation a besoin d’être managée, marketée et rentabilisée en permanence afin d’en dégager des enseignements et au final des profits durables

Enfin arrêtez avec les plans stratégiques à 5 ans ! Cette manière rigide de penser sa stratégie marketing de l’innovation est totalement inadaptée aux réalités de votre marché.  
La clé réside dans le fait de donner un cap et un contexte (le client, ses attentes, les valeurs de l’entreprise et le chemin pour y arriver) mais aussi et surtout de l’autonomie et de l’audace pour pouvoir adapter régulièrement et remettre en question son projet.

Le marketing de l’innovation : indispensable dès la phase d’idéation

Mettre en place un projet d’innovation, chercher à le financer puis le commercialiser et s’apercevoir que c’est un échec génère de la frustration pour un manager ou une direction générale.

Les entreprises qui font émerger des idées vraiment ROIstes sont (bien) accompagnées en marketing de l’innovation sur chacune des étapes de leurs projets : de l’émergence de l’idée innovante, au suivi de sa commercialisation en passant par son développement et son financement.

Le marketing de l’innovation va permettre par exemple de répondre à ce type de question :

  • Comment fédérer vos équipes pour vous lancer sur un marché porteur ?
  • Quelle proposition de valeur va faire la différence sur votre marché ?
  • Quels modèles de tarification mettre en place pour faire la différence ?
  • Avec qui monter des partenariats efficaces ?
  • Que faire pour faciliter /accélérer le processus d’adoption de votre innovation ?

Comme le disait Peter Drucker (Spin Doctor chez GM Motors et professeur en marketing / management de l’innovation à la NY University) :

« Il n’y a qu’une définition valide de l’objectif en affaires : créer le client. De ce fait chaque entreprise a deux (et seulement deux) fonctions basiques : le marketing et l’innovation…  La préoccupation et la responsabilité de la sphère marketing doit être diffusé dans l’ensemble des secteurs de l’entreprise.»

 

Workshop de l’innovation (30 novembre) : « Passer d’une offre produits à une offre de services »

Workshop marketing innovation

Afin de compléter cet article, nos consultants en marketing de l’innovation vous invitent à un atelier le vendredi 30 novembre : « passer d’une offre produits à une offre de services«  .

N’hésitez pas à nous contacter pour être alerté dès l’ouverture des inscriptions !

 

Vous souhaitez être accompagné dans la mise en place de votre marketing de l’innovation  ? Contactez-nous !

ARTICLE D’EXPERT – Par Max Senange, Responsable Marketing de l’Innovation chez GAC Group

Pour rester visibles, attrayants et rentables (au-delà de la barre fatidique des 2 ans), utilisez le management et le marketing de l’innovation !

Si on extrapole les résultats du dernier Rapport Nielsen sur l’innovation, plus de 75 % des nouveautés lancées sur un marché ne survivront pas à leurs premières années de commercialisation. Et la dernière Gartner Hype Cycle d’Aout 2018  le confirme : la plupart des technologies (IA, blockchain…) sont en phase de désillusion car l’intérêt marché diminue, faute d’innovation vraiment concrète ou adaptée aux besoins des consommateurs.

Une stratégie marketing de l’innovation engagée dès le départ du projet, avant même la phase d’idéation permet d’éviter cela.

Marketing de l'innovation UberLe rôle du marketing de l’innovation est de s’adapter selon la nature de l’innovation et permettre de s’assurer de faire les meilleurs choix, à chaque étape du projet. Quand l’innovation nécessite de faire évoluer les usages, le marketing permet l’explication de l’innovation au marché (ex : les tablettes numériques). Inversement, s’il s’agit d’un nouveau business-model (ex : Uber pour le transport), le marketing de l’innovation doit permettre de comprendre le meilleur prix psychologique avec lequel lancer son offre. Enfin, une innovation technologique (ex : la domotique) va nécessiter d’utiliser le marketing de l’innovation pour s’assurer que l’avantage ou l’axe différenciant de la technologie promue est clairement établie et comprise par le marché.

Le marketing de l’innovation est donc stratégique dans l’ensemble des phases d’un projet d’innovation et peut/doit être utilisé à la carte. Ses missions varient simplement selon le type d’innovation envisagée par l’entreprise.

Dans cet article, vous allez comprendre comment et pourquoi :

  • Avoir une approche orientée marketing de l’innovation dès l’étape d’idéation
  • Arrêter les plans stratégiques à 5 ans et les études de marché de 50 pages
  • Penser usage et besoins plus que caractéristiques techniques

Pour continuer d’exister, lancez régulièrement des innovations

Il est indispensable d’innover pour rester compétitif et attrayant sur n’importe quel marché. Mais qu’est-ce qu’innover de manière efficiente veut concrètement dire dans le monde entrepreneurial et spécialement sur des marchés dont les innovations sont de rupture ?

Avant de vous lancer dans un nouveau projet innovant et quelle qu’elle soit la méthode que vous souhaiteriez employer, vous devez vous poser cette question : est-ce que vous répondez vraiment à un besoin précis avec un concept simple et attrayant ?

Comment AirBnB a utilisé le marketing de l’innovation à bon escient pour révolutionner le marché de l’hôtellerie ?Par exemple, une licorne comme AirBnB peut se targuer d’avoir utilisé le marketing de l’innovation à bon escient pour révolutionner le marché de l’hôtellerie. Partant d’une envie de rentabiliser une collocation à San Fransisco en louant un bout de salon et quelques matelas gonflables pendant un gros salon du design, Joe Gebbia et Brian Chesky ont vite mis en place un marketing de l’innovation ponctué de techniques de growth hacking et d’AB Test pour créer un nouveau marché et n’ont pas tardé à lancer une offre perfectible auprès d’early adopters. Offre qui mettra ensuite des années à se perfectionner pour finalement être adoptée par plus de 60% des voyageurs français .

Ici, la réponse à la question « est-ce que je réponds vraiment à un besoin précis avec un concept simple et attrayant ? » est donc oui !

Llorsqu’il est pratiqué bien en amont de la commercialisation, le marketing de l’innovation doit accompagner les équipes R&D dans chacune des phases de l’innovation, de l’émergence de l’idée, en passant par la formulation d’un cahier des charges technique, jusqu’au suivi du lancement.

L’exemple d’Henry FORD illustre bien cela, quand il a souhaité produire un nouveau moteur à 8 cylindres.

Ses ingénieurs lui ont dit que c’était techniquement impossible. Il leur a répondu « produisez-le quand même ». Plus tard, il dira : « Si j’avais demandé aux gens ce qu’ils voulaient, ils m’auraient répondu des chevaux plus rapides ». Son empire est né de la réponse à un besoin marché et non d’une faisabilité technique ou d’une étude de marché de 50 pages.

Que ce soit en BtoB ou en BtoC, le marketing de l’innovation doit impérativement partir des usages et des besoins.

En BtoB, concentrez-vous sur l’usage

Le marketing de l’innovation permet de vous assurer de rendre votre technologie magnétique vis-à-vis des attentes de votre marché. Vous ne vendez pas des produits mais des solutions à une problématique.

En effet, pour rendre une technologie magnétique vis-à-vis de son marché, dans un contexte d’ultra-concurrence et d’appels d’offres très pointilleux, il est nécessaire de sortir du lot. Seulement pour y parvenir, certes l’effet « waouh » apporté par les caractéristiques techniques n’est absolument pas à négliger mais il est indispensable d’accentuer fortement votre communication sur les nouveaux usages possibles grâce à votre solution.

Quelle est l’utilité de votre produit ? Quelles sont ses valeurs et le gain de performance apporté par votre produit / solution aux utilisateurs potentiels ? Qu’est qui vous distingue des autres au-delà de l’aspect technique ? Pourquoi est-ce qu’ils utiliseraient plus votre produit que celui de vos concurrents à iso-permettre technique ?

C’est l’usage et uniquement l’usage qui doit être pris en compte avant, pendant et après le développement d’un projet innovant. 

Que ce soit en BtoB ou en BtoC, le fonds pour l’innovation et l’industrie fraîchement mis en place par notre gouvernement l’a confirmé. Il n’accompagnera le développement de technologies que si elles sont capables de résoudre « de grands défis technologiques »  autour de thématiques d’usages (santé, mobilité, écologie). Ici encore, c’est grâce à une stratégie de marketing de l’innovation technologique et scientifique qu’un projet innovant rencontrera un marché réceptif.

En BtoC, pensez au timing et au côté utile

Comme l’expliquait Marc Giget (Président de l’institut européen de stratégie créative et d’innovation) au micro de France Info en Juillet dernier :

« La société de consommation ne veut pas du nouveau, elle veut du mieux. Il y a un phénomène de saturation. Aujourd’hui, on cherche de nouveaux indicateurs de progrès humains pour réorienter l’innovation vers la satisfaction de la vie. Il ne faut jamais être « techno-chiant » c’est-à-dire présenter des innovations en disant « ça va changer le monde », sans qu’on y voie le côté humain dedans. » 

En BtoC, une « bonne innovation », quelle que soit sa source, doit transposer dans son produit des valeurs humaines qui joueront sur l’affect du consommateur (ex : dernière campagne de pub Nike avec Colin Kaepernick, joueur de football américain, célèbre pour avoir posé un genou à terre pour protester contre les violences à l’encontre des personnes noires au US).

Mais ce n’est pas tout : pour qu’elle se traduise en succès commercial, votre innovation doit être sortie au bon moment, avec le bon positionnement et surtout la bonne pédagogie afin d’éduquer votre marché aux usages de votre solution.  Pourquoi acheter quelque chose sans savoir à quoi cela sert ou comment l’utiliser ? C’est à nouveau l’intérêt d’impliquer le marketing de l’innovation dès la genèse du projet.

Dans l’imaginaire collectif, le marketing de l’innovation est souvent perçu comme la dernière étape avant commercialisation, « l’emballage du bonbon ». Pourtant, il faut le penser comme un tout, indispensable à l’ensemble des étapes du processus d’innovation.

Marketing de l'innovation Apple IPhoneLorsqu’Apple a commencé à sortir l’IPhone, il était imparfait mais sorti au bon moment avec le bon message. Cette imperfection était parfaitement calculée (cf : séries d’Iphones de 1 à 10). L’ensemble des étapes du marketing de l’innovation étaient anticipées pour en faire une vraie révolution. 

Selon la courbe de Roger, Apple met en avant dans ses campagnes publicitaires les premiers adeptes élevés au rang de modèle, ce qui donne envie ensuite aux suiveurs, de faire comme eux. Le consommateur attend d’adhérer aux valeurs portées par l’annonceur via son produit / sa solution.

En synthèses, l’art de sublimer son produit, son service pour qu’il donne l’impression qu’en le possédant, nous allons vivre une expérience hors du commun : c’est la théâtralisation de son innovation, l’une des nombreuses étapes et possibilité proposée par le marketing de l’innovation.  Il ne s’agit plus d’anticiper le moment propice au lancement d’une solution innovante. Il s’agit simplement de le faire avant les autres, même de manière imparfaite et parallèlement, de préparer le marché au cycle d’adoption de son produit.

Il n’y a plus de notion de « moment » en innovation, seule la notion de « précurseur » importe.

Une stratégie marketing de l’innovation efficace réside en la capacité d’anticiper le cycle d’adoption de son produit donc la croissance de son chiffre d’affaires. On en revient aux basiques : l’utilisateur désire une offre ou un produit car cela répond simplement à sa problématique. Le but : faciliter la vie de l’utilisateur. Il en est de même pour la coordination entre les équipes internes, plus elles seront fédérées par le management, plus elles « performeront » pour faire de l’innovation en question un succès commercial.

 

A suivre dans la partie 2 : Comment vous appuyer sur vos équipes ?

 

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Nouvelles pratiques manager vos collaborateurs à distance - GAC Group

Valérie Marillat, directrice technique de Global Approach Consulting fait part de son expérience du management à distance dans cet article de l’Usine Nouvelle.

(…)Longtemps obnubilées par le contrôle du travail à distance des collaborateurs, les entreprises ont oublié qu’ils avaient avant tout besoin d’être managés. Ce qui demande certaines compétences.(…)

par Anne-Sophie Bellaïche, L’Usine Nouvelle, 31 octobre/6 novembre 2013

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