20 juillet 2026

Prototype et CIR : le Conseil d’État rebat les cartes sur leur éligibilité

En juin 2025, nous commentions une décision de la Cour administrative d'appel de Douai qui retenait une position restrictive concernant l'éligibilité au crédit d'impôt recherche (CIR) des dotations aux amortissements de prototypes. Cette décision avait alors retenu l'attention des entreprises innovantes en considérant que les prototypes constituaient le résultat de la recherche et non un moyen de sa réalisation, excluant ainsi par principe leurs amortissements de l'assiette du CIR. Nous soulignions à cette occasion la nécessité d'une vigilance particulière dans la détermination des immobilisations éligibles et les risques de remise en cause par l'administration fiscale. Voir l'article : CIR et prototypes : les amortissements sont-ils toujours éligibles ?

Que dit le Conseil d'État sur l'éligibilité des prototypes au CIR ?

Près d’un an plus tard, le Conseil d’État vient de se prononcer dans cette même affaire et censure l’analyse retenue par la Cour administrative d’appel de Douai.

La Haute juridiction juge que le seul caractère de prototype d’une immobilisation est sans incidence sur son éligibilité au crédit d’impôt recherche dès lors qu’elle est directement affectée à des opérations de recherche scientifique et technique.

Cette décision constitue une clarification importante de l’interprétation de l’article 244 quater B du CGI et invite à revisiter la position issue de l’arrêt de la CAA de Douai.

Pourquoi cette décision est-elle importante pour les entreprises innovantes ?

Cette décision met fin à une lecture particulièrement restrictive de l’éligibilité des prototypes au CIR. Elle rappelle qu’un prototype n’est pas exclu par nature du dispositif : c’est son affectation effective à des opérations de recherche qui doit être appréciée.

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Notre analyse : une clarification bienvenue, mais pas une éligibilité automatique

Une évolution majeure de la jurisprudence

L’arrêt du Conseil d’État constitue une évolution majeure dans l’appréciation des dépenses éligibles au crédit d’impôt recherche.

En censurant l’approche retenue par la Cour administrative d’appel de Douai, le Conseil d’État écarte toute exclusion de principe des prototypes du champ du CIR. Cette position apparaît cohérente avec la réalité des projets de R&D, dans lesquels les prototypes constituent fréquemment des supports indispensables aux expérimentations, aux essais et à la validation des hypothèses de recherche.

Les entreprises devront toujours démontrer l'éligibilité de leurs prototypes

Pour autant, cette clarification ne doit pas être interprétée comme une reconnaissance automatique de l’éligibilité de tous les prototypes. Les entreprises devront toujours être en mesure de démontrer que les immobilisations concernées sont directement affectées à des opérations de recherche scientifique ou technique et que leur utilisation s’inscrit dans une démarche de développement expérimental au sens du CIR.

Quelles conséquences pratiques pour votre CIR ?

Cette évolution jurisprudentielle pourrait également conduire certaines entreprises à réexaminer leurs pratiques déclaratives, notamment lorsque des dépenses d’amortissement de prototypes ont été écartées par prudence au cours des derniers exercices.

Sécuriser vos dépenses de R&D reste indispensable

Plus largement, cet arrêt illustre l’importance d’une analyse technique et fiscale approfondie des dépenses de R&D. Dans un contexte de contrôles de plus en plus exigeants, la sécurisation de l’assiette du crédit d’impôt recherche demeure un enjeu stratégique pour les entreprises innovantes.

La fiscalité étant une matière en constante évolution, une veille régulière et une capacité d’adaptation sont essentielles pour sécuriser les dispositifs fiscaux des entreprises. Nos experts fiscalistes suivent attentivement ces évolutions afin d’accompagner leurs clients au plus près des dernières orientations jurisprudentielles et administratives.

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Cette décision du Conseil d’État constitue une évolution importante pour les entreprises réalisant des activités de R&D. Elle illustre une nouvelle fois que la sécurisation d’un Crédit d’Impôt Recherche ne repose pas uniquement sur le calcul des dépenses éligibles, mais sur une véritable stratégie de fiscalité de l’innovation.

Les experts de G.A.C. Group vous accompagnent pour :

  • Analyser l’éligibilité de vos dépenses de R&D et de vos prototypes ;
  • Sécuriser votre CIR ;
  • Documenter vos immobilisations de recherche ;
  • Préparer vos dossiers justificatifs en cas de contrôle fiscal.

FAQ : Prototypes et Crédit d'Impôt Recherche

Non. Le Conseil d’État précise que ce n’est pas la nature de prototype qui est déterminante, mais son affectation directe à des opérations de recherche scientifique et technique.

Elle écarte l’idée selon laquelle les prototypes seraient exclus par principe du CIR et rappelle que chaque situation doit être appréciée au regard des conditions prévues par le Code général des impôts.

Certaines entreprises peuvent avoir intérêt à réexaminer leurs pratiques déclaratives, notamment lorsque des amortissements de prototypes ont été exclus par prudence. Cette analyse doit toutefois être menée au cas par cas.

En documentant précisément leur utilisation dans les opérations de recherche et en constituant un dossier justificatif conforme aux attentes de l’administration fiscale.

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